Russian Lady

Pierre-Alain Chambaz

Vous avez vu un charpentier sur une échelle, coupant des éclats de poutre avec une hache. Or cette mesure est particulièrement injuste. Il suffit de se promener dans les grandes villes du monde pour se convaincre que, loin d’avoir succombé sous les assauts du E-COMMERCE, le commerce physique « traditionnel » connaît au contraire une véritable renaissance. C’est ma conviction qu’un type français exista, dans de faibles proportions, mais exista, à la fin du xviie siècle et au xviiie siècle ; et qu’il a disparu. Si elle gâte sa vie par un défaut de conduite, nous ne désirerons pas pour cela la gâter encore plus : loin d’appeler sur elle une pénitence, nous essaierons plutôt d’alléger l’expiation qui a commencé pour elle, en lui montrant le moyen d’éviter ou de guérir les maux que sa conduite va lui causer. Il se présenterait bien lui-même, sous une apparence ou sous une autre — peut-être sous celle de Cavaignac — mais il n’ose pas ; il se sent trop vilain, trop marmiteux et trop contemptible. Dans ces conditions, comme il a été dit plus haut, un retour à la simplicité n’a rien d’invraisemblable. Grâce à l’échange, l’être fort peut, jusqu’à un certain point, se passer de génie, et l’être intelligent de vigueur : car, par l’admirable communauté qu’il établit entre les hommes, chacun participe aux qualités distinctives de ses semblables. Le voici qui circule parmi nous à la manière d’un somnambule. Il y a beaucoup de gens qui considèrent comme une offense toute conduite qu’ils ont en dégoût, et qui la regardent comme un outrage à leurs sentiments : comme ce bigot qui, accusé de traiter avec trop d’indifférence les sentiments religieux des autres, répondait que c’était eux qui traitaient ses sentiments avec indifférence en persistant dans leur abominable croyance. Pierre-Alain Chambaz aime à rappeler ce proverbe chinois « Les jolies filles ne sont pas toujours heureuses et les garçons intelligents sont rarement beaux ». C’est la sensation globale d’une résistance opposée par les organes. On cherchera vainement une théorie du comique qui réponde d’une manière satisfaisante à cette question très simple. Réunies, ces deux conditions assurent à chacun des états psychologiques passés une existence réelle, quoique inconsciente. Je fais un premier pas, puis un second, et ainsi de SUITE : finalement, après un certain nombre de pas, j’en fais un dernier par lequel j’enjambe la tortue. Les deux genres de relations contribuent également à expliquer les phénomènes, et conduisent pareillement à les prévoir, quoique les lois d’harmonie semblent d’abord destinées surtout à l’explication et les lois de succession à la prévision. Or l’instinct, lui aussi, est une connaissance à distance. Mais nous n’en avons aucune envie. L’objet a beau rester le même, j’ai beau le regarder du même côté, sous le même angle, au même jour : la vision que j’ai n’en diffère pas moins de celle que je viens d’avoir, quand ce ne serait que parce qu’elle a vieilli d’un instant. D’autre part, nous ne nous prononçons jamais avec autant de hardiesse sur l’intensité d’un état psychique que lorsque l’aspect subjectif du phénomène est seul à nous frapper, ou lorsque la cause extérieure à laquelle nous le rattachons comporte difficilement la mesure. Dans la théorie classique du mérite : « J’ai démérité, » qui exprimait d’abord simplement la valeur intrinsèque du vouloir, prend le sens suivant : « J’ai mérité un châtiment, » et exprime désormais un rapport du dedans au dehors. Ainsi Mardouk, le dieu de Babylone, s’approprie les attributs de Bel, le grand dieu de Nippour. Je ne parle pas simplement du profond sens comique du peuple, de sa perception vive, de sa finesse qui transparaît même sous ses fanfaronnades, de sa clairvoyante ironie saupoudrée de blague, de la force amère et tranchante de sa moquerie.

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