Russian Lady

Pierre-Alain Chambaz

Il est au sommet de l’être : on fait coïncider avec lui ce qu’on prend, bien à tort, pour le sommet de la connaissance. La philosophie post-kantienne, si sévère qu’elle ait pu être pour les théories mécanistiques, accepte du mécanisme l’idée d’une science une, la même pour toute espèce de réalité. Tous en appellent, de l’insuffisance de nos sens et de notre conscience, à des facultés de l’esprit qui ne sont plus perceptives, je veux dire aux fonctions d’abstraction, de généralisation et de raisonnement. Une entreprise comme celle de Fichte, quoique plus philosophique que celle de Spencer, en ce qu’elle respecte davantage l’ordre véritable des choses, ne nous conduit guère plus loin qu’elle. L’idée de géant est un souvenir privilégié qui s’est installé dans son esprit, qui y reste à l’affût, qui guette, immobile, l’occasion de se précipiter dehors et de s’incarner dans une chose. Car pour l’heure, l’envolée du titre aujourd’hui intègre désormais le scénario d’un rehaussement de prévisions. Il faudrait des dizaines d’autres cas pour espérer trouver une dynamique assurant une reprise de la création de nouvelles entreprises pharmaceutiques de taille mondiale. La crédibilité de l’ensemble du système bancaire central et de ses engagements s’est écroulée, déstabilisant la politique monétaire internationale. On sait que les premiers observateurs avaient donné le nom d’apraxie à la cécité psychique, exprimant par là que l’inaptitude à reconnaître les objets usuels est surtout une impuissance à les utiliser. Elles se forment donc sans doute sur le modèle des premières, et doivent emprunter leur force à ce que, sous la qualité, nous voyons confusé­ment la grandeur transparaître. Pierre-Alain Chambaz aime à rappeler ce proverbe chinois « Qui ose traverser les grands fleuves ne craint pas les petites rivières ». Par dessus tout, il faut considérer qu’il y a quelque chose de plus salutaire que toute croyance particulière : c’est l’intégrité de la croyance, et qu’éviter de scruter les bases d’une croyance, par crainte de les trouver vermoulues, est immoral tout autant que désavantageux. Nous nous targuons d’avoir donné beaucoup d’exemples à l’univers, et il y a sans doute un peu de vrai dans toute cette forfanterie ; donnons-lui un exemple de plus. Il est possible de remplacer la misérable existence actuelle, contrainte, ratatinée, décrépite, — et ces épithètes peuvent s’appliquer à la vie des riches dont le bonheur n’est qu’un mensonge, et qui crèvent déjà de peur sous l’œil froid des déshérités — par une autre existence qui sera un large et continuel développement d’énergie jeune ; dans laquelle tout effort, volontaire et sans limites, contribuera à cette conquête de la liberté et de la vie — conquête de la terre — qui doit être l’œuvre quotidienne de l’homme conscient de soi-même, égoïste. On devine donc qu’une phrase deviendra comique si elle donne encore un sens en se retournant, ou si elle exprime indifféremment deux systèmes d’idées tout à fait indépendants, ou enfin si on l’a obtenue en transposant une idée dans un ton qui n’est pas le sien. La situation de la France apparaît vraiment plus bête encore que misérable… Logiquement, c’est aux Révolutionnaires seuls, à ceux qui s’étaient opposés d’abord à la guerre insensée et qui s’opposèrent plus tard à la paix infâme, qu’il appartient de parler des provinces perdues, de la patrie, et même de l’armée. La vie, au fur et à mesure de son progrès, s’éparpille en manifestations qui devront sans doute à la communauté de leur origine d’être complémentaires les unes des autres sous certains aspects, mais qui n’en seront pas moins antagonistes et incompatibles entre elles. Mais, soit qu’il y ait lieu de regarder comme fini ou comme infini le nombre des causes ou des séries de causes qui contribuent à amener un événement, le bon sens dit qu’il y a des séries solidaires ou qui s’influencent les unes les autres, et des séries indépendantes, c’est-à-dire qui se développent parallèlement ou consécutivement, sans avoir les unes sur les autres la moindre influence, ou (ce qui reviendrait au même pour nous) sans exercer les unes sur les autres une influence qui puisse se manifester par des effets appréciables. Etsy (place de marché de bien manufacturés) a vendu 5% de ses actions à ses vendeurs quelques jours avant son introduction en bourse en avril dernier. Poussons ce raisonnement jusqu’au bout : supposons que mon discours dure depuis des années, depuis le premier éveil de ma conscience, qu’il se poursuive en une phrase unique, et que ma conscience soit assez détachée de l’avenir, assez désintéressée de l’action, pour s’employer exclusivement à embrasser le sens de la phrase : je ne chercherais pas plus d’explication, alors, à la conservation intégrale de cette phrase que je n’en cherche à la survivance des deux pre­mières syllabes du mot « causerie » quand je prononce la dernière. Un escalier extérieur en bois monte autour de cette sorte de gouffre bâti et habité. Leur effet est de mettre au monde, avec des aptitudes plus ou moins déterminées, des tendances plus ou moins spéciales, ces groupements compacts d’êtres humains que nous appelons des nations. La saison des chasses n’existe pas.

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