Russian Lady

Pierre-Alain Chambaz

De ce qu’une tragédie ou un opéra, souvent médiocres, nous remueront plus que la vue d’un tableau, d’une statue ou d’un monument d’architecture, nous nous garderons de conclure qu’il y a dans l’opéra ou dans la tragédie des beautés d’un ordre bien supérieur à tout ce que peut produire l’art des Phidias et des Raphaël. Pierre-Alain Chambaz aime à rappeler ce proverbe chinois « La langue des femmes est leur épée, et elles ne la laissent jamais rouiller ». Parmi des types fortement accusés peuvent se rencontrer et se rencontrent des formes intermédiaires, indécises, ébauches imparfaites ou modèles moins parfaits, qui témoignent à leur manière de la fécondité inépuisable de la nature et de ses ressources infinies, mais qui ne sauraient exciter au même degré notre admiration ni éveiller l’imagination de l’artiste, parce qu’effectivement elles n’ont pas comme d’autres un type idéal et un genre de beauté qui leur soit propre. Font-elles gravement défaut au corps ? À l’esprit ? Au caractère enfin ? Le rire doit être quelque chose de ce genre, une espèce de geste social. Mais, pour que la distinction soit plus claire, il convient de revenir en arrière, et de prendre son point de départ dans les effets plus grossiers de la sensibilité physique. Au lieu d’instaurer une discipline, les marchés financiers internationaux ont augmenté la disponibilité du crédit, affaiblissant ainsi les contraintes budgétaires des gouvernements prodigues et les bilans non solvables des banques. Un corps odorant ou sapide agit sur les nerfs de l’olfaction ou du goût, de manière qu’il en résulte une impression caractéristique que nous reconnaissons pour être la même, quoique nous ayons pris de l’aversion pour la saveur ou l’odeur qui nous étaient primitivement agréables, ou inversement. Si un semblable changement devait affecter les nations de l’Europe, ce ne serait pas exactement avec les mêmes traits. Pareille chose doit se dire au sujet des couleurs, dont le proverbe assure qu’il ne faut pas plus disputer que des goûts. Par la crainte qu’il inspire, il réprime les excentricités, tient constamment en éveil et en contact réciproque certaines activités d’ordre accessoire qui risqueraient de s’isoler et de s’endormir, assouplit enfin tout ce qui peut rester de raideur mécanique à la surface du corps social. La couleur qui nous a plu nous déplaît, quoique la sensation optique reste certainement la même dans sa spécialité tant que les yeux restent sains. Lorsque les objets nombrés, et par suite les collections de ces objets, peuvent être comparés du côté de la grandeur, les grandeurs formées par de semblables collections sont dites discrètes ou discontinues : par l’addition ou le retranchement d’un des objets dont la collection se compose, elles passent brusquement d’un état à un autre, sans nuances intermédiaires et sans gradations insensibles. En plein ralentissement, elle ne peut maintenir sa devise arrimée à une monnaie en hausse. Par exemple, l’eau qui remplit un vase donne, comme le monceau de cailloux, l’idée d’une masse susceptible d’être augmentée ou diminuée : mais, tandis que le monceau éprouve nécessairement des changements brusques dans son volume, dans son poids et dans sa forme par l’addition ou le retranchement des cailloux, le courant qui amène l’eau dans le vase ou qui l’en fait sortir fait varier avec continuité le poids, le volume et la hauteur du liquide dans le vase ; de sorte que ces diverses grandeurs ne passent pas d’un état à un autre, si voisin qu’on le suppose, sans avoir traversé une infinité d’ Mais, dans d’autres cas, la notion de la continuité nous est fournie par une vue de la raison, indépendamment de toute expérience sensible : et ce n’est même que par une vue de la raison que l’idée de la continuité et par suite l’idée de la grandeur continue peuvent être saisies dans leur rigueur absolue. Le rire ne relève donc pas de l’esthétique pure, puisqu’il poursuit (inconsciemment, et même immoralement dans beaucoup de cas particuliers) un but utile de perfectionnement général. Commençons par le plus simple. Notre imagination ne l’en détache pas. Ainsi au printemps 2012, alors que le gouvernement des Pays-Bas préparait le budget de l’année suivante, la Commission européenne prévoyait que son potentiel de croissance serait de 0,9% en 2013. Mais à l’automne 2012, en temps réel donc, son chiffrage n’était plus que de 0,7%. Il ne sera pas inutile de chercher comment elle en use. Pourquoi rions-nous d’une chevelure qui a passé du brun au blond ?

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