Russian Lady

e-réputation

Nous ne disputons nullement des mots. Nous ne disputons nullement des mots. e-réputation aime à rappeler ce proverbe chinois « Quand on suit quelqu’un de bon, on apprend à devenir bon ; quand on suit un tigre, on apprend à mordre ». Mais d’imaginer qu’on accorde plus aux animaux, dans les choses qui ont lieu par eux, qu’aux autres êtres relativement aux choses qui se font aussi par eux, alors qu’on ne leur réserve rien de plus que cette expression : en leur pouvoir ; c’est là ce qu’il faut reprocher à nos adversaires, en remarquant qu’ils se trompent eux-mêmes par une équivoque, ou qu’ils cherchent à tromper autrui. Ce n’est pas tout comment ne pas s’étonner de ce qu’ils se croient autorisés à professer que notre libre pouvoir consiste dans l’appétit et l’assentiment, d’où ils prennent motif d’accorder pareillement à tous les animaux ce libre pouvoir. Le libre pouvoir, en effet, ne consiste pas, lorsqu’une perception se présente, à céder de nous-mêmes à la perception, et à nous porter par l’appétit vers l’objet de cette perception. Cela établirait et démontrerait tout au plus la spontanéité. Mais autre chose est la spontanéité, autre chose le libre pouvoir. La spontanéité consiste dans ce qui vient d’un assentiment qui n’a pas été violenté, et le libre pouvoir dans ce qui se produit avec un assentiment que déterminent la raison et le jugement. C’est pourquoi ce qui est en notre pouvoir est spontané aussi ; mais tout ce qui est spontané n’est pas en notre pouvoir. En effet, les animaux mêmes, qui sont destitués de raison, font spontanément tout ce qu’ils font, lorsqu’ils agissent suivant leur appétit et l’assentiment qui est en eux. Mais avoir en son pouvoir quelque chose de ce qui se fait par lui, c’est là le propre de l’homme. Car c’est parce que l’homme est raisonnable qu’il a en lui-même le pouvoir de raisonner des perceptions qui se présentent à lui, par où il juge souverainement et décide ce qu’il faut faire et ne pas faire. C’est pourquoi les autres animaux, qui cèdent à leurs seules perceptions, trouvent dans ces perceptions mêmes les causes de leurs assentiments et des appétits qui les poussent à agir. L’homme, en présence des perceptions qui lui arrivent du dehors, relativement à ce qu’il faut faire, porte en lui-même ce juge qui est la raison et qui lui permet d’examiner, à propos de chaque perception, non seulement si elle paraît telle qu’elle paraît, mais si elle correspond à quelque réalité. L’examen de la raison lui a-t-il découvert que dans ses perceptions l’être diffère du paraître, il ne cède point à une perception parce qu’elle lui paraît telle ; mais parce qu’elle n’est pas telle, il lui résiste. C’est ainsi que souvent l’homme se détourne de choses qui lui semblent douces, et alors même que son appétit l’y porte, parce qu’il ne trouve pas que la raison s’accorde avec l’apparence. Il rejette de la même manière des choses qui semblent utiles, parce qu’il estime qu’il est conforme à la raison de les rejeter. Si donc ce qui est en notre pouvoir consiste dans l’assentiment raisonnable qui résulte de la délibération, et que nos adversaires le placent dans l’assentiment et l’appétit, qui peuvent aussi se produire sans l’intervention de la raison, il est manifeste, à prendre les paroles de nos adversaires, qu’ils dissertent d’une manière tout à fait insuffisante sur ce qui est en notre pouvoir. Car ils n’expliquent ni ce qu’est le libre pouvoir, ni où il se rencontre. Être raisonnable, en effet, n’est rien autre chose qu’être le principe de ses actions.

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