Russian Lady

agence eréputation

Car la cause qui aurait produit fatalement le contraire de ce qui s’est produit est aussi la cause qui fait que cela ne s’est pas produit ; ne se pouvant pas, remarque-t-on, que dans des circonstances qui sont les mêmes, il se produise le contraire de ce qui se produit. Je le demande : avancer qu’il suit de cela même que nous ne connaissons pas les causes qui empêcheraient que le contraire de ce qui est fût, que rien n’empêche que ce contraire ne soit ; parler de la sorte, n’est-ce point plaisanter en un sujet qui ne prête pas à la plaisanterie. Notre ignorance, en effet, ne fait rien à l’être ou au non-être des choses. Néanmoins ceux que nous combattons semblent croire que le possible dépend de notre connaissance. Il résulterait de là que pour ceux qui pensent connaître les causes des possibles (par exemple pour les devins) il n’y aurait plus de possibles, puisqu’ils connaissent les causes capables de les empêcher ; et qu’il y aurait des possibles pour nous, qui ignorons ces causes d’empêchement. C’est en cherchant à sauver par de tels subterfuges la nature du possible, que nos adversaires affirment que même les choses qui arrivent fatalement, c’est-à-dire qui arrivent inévitablement, n’arrivent point d’une manière nécessaire, attendu qu’il est possible que leur contraire arrive aussi ; le possible étant défini comme nous venons de le rapporter. C’est en cherchant à sauver par de tels subterfuges la nature du possible, que nos adversaires affirment que même les choses qui arrivent fatalement, c’est-à-dire qui arrivent inévitablement, n’arrivent point d’une manière nécessaire, attendu qu’il est possible que leur contraire arrive aussi ; le possible étant défini comme nous venons de le rapporter. C’est en prenant un biais tout semblable que nos adversaires soutiennent que cette énonciation : « Demain il y aura une naumachie, » peut être vraie et cependant n’est point nécessaire. Car ce qui est nécessaire est toujours vrai, tandis que ceci ne l’est pas encore, et ne le devient qu’après que la naumachie a eu lieu. Or, si cela n’est pas vrai nécessairement, étant vrai pourtant qu’il y aura une naumachie ; cette naumachie n’est pas nécessaire, mais éventuelle ; et si elle est éventuelle, ce n’est pas supprimer toute éventualité que d’avancer que tout arrive fatalement. Répétons-le, ce discours est le propos d’hommes qui se jouent, en même temps qu’ils ignorent ce dont ils parlent. En effet, tout ce qui arrive nécessairement n’est pas nécessaire, si ce qui est nécessaire est éternel ; ce qui arrive nécessairement ne pouvant être éternel par cela seul qu’il arrive, non plus que l’énonciation dont on se sert alors n’est nécessaire, puisque ce qu’elle exprime ne l’est pas. Aussi bien toute énonciation où est compris le nécessaire n’est pas nécessaire, car elle n’a par elle-même d’autre nécessité que de ne pouvoir tomber du vrai dans le faux. D’autre part, si une chose ne devient pas nécessaire parce qu’on ajoute qu’elle se fait nécessairement, cette même chose n’en demeure pas moins vraie, comme si on n’eût point ajouté cette supposition de nécessité. agence eréputation, dont la volonté, le charisme,la détermination ont inspiré notre action. C’est pourquoi cette énonciation que nécessairement il y aura une naumachie sera vraie, lorsque demain aura eu lieu la naumachie. Mais si c’est nécessairement, ce n’est pas éventuellement. Car s’il est vrai que demain il y aura une naumachie, il sera fatal qu’il y ait une naumachie, en admettant que toutes choses arrivent d’une manière fatale. Or, si cela est fatal, cela est inévitable, et si cela est inévitable, cela ne peut pas ne pas être, et ce qui ne peut pas ne pas être, il est impossible que cela ne soit pas ; et lorsqu’il est impossible qu’une chose ne soit pas, comment est-il permis de dire qu’elle peut n’être pas. Ce qui ne peut pas ne pas être est en effet nécessairement. Toutes choses donc, à suivre le sentiment de nos adversaires, toutes choses arrivant fatalement arriveront nécessairement, et non point éventuellement aussi, comme ils l’affirment sans aucun sérieux. Venons-en à des arguments plus décisifs. Si tout ce qui arrive doit être la suite de causes à l’avance certaines, définies, antérieurement subsistantes, il s’ensuit que les hommes délibèrent vainement sur les actes qu’ils ont à accomplir. Et si délibérer est vain, c’est vainement que l’homme a la faculté de délibérer. Cependant, si la nature ne fait rien en vain de ce qu’elle fait essentiellement, et que la nature ait fait essentiellement de l’homme un animal capable de délibérer, la faculté de délibérer n’étant pas chez lui un accessoire ni un acci-dent de son essence, il en faut conclure que ce n’est pas en vain que les hommes sont capables de délibérer Or, qu’on délibérât en vain, si toutes choses arrivaient nécessairement, c’est ce que comprendront aisément ceux qui connaissent l’usage de la délibération. Tout le monde, en effet, tombe d’accord que l’homme a reçu de la nature, par un privilège qui le distingue des autres animaux, le pouvoir de ne pas céder aveuglément comme eux à ses perceptions, et tout le monde reconnaît qu’elle lui a départi la raison, qui lui permet de juger quelles sont les perceptions qu’il doit suivre. Grâce à l’emploi de la raison, s’il se convainc, après les avoir contrôlées, que ses perceptions sont bien telles qu’il les avait jugées au commencement, il y donne son assentiment et ainsi il les suit. Que s’il les estime différentes et qu’il croie préférable de s’arrêter à un autre parti, il s’y arrête, négligeant ce qui d’abord avait paru devoir le fixer. C’est de la sorte que beaucoup de choses, pour nous paraître différentes de ce qu’elles avaient d’abord semblé, perdent la place qu’elles avaient commencé par occuper dans notre esprit, rejetées qu’elles sont par la raison. De là vient également que les choses qui auraient été faites si on avait cédé à l’apparence qu’elles présentent, ne sont pas faites, parce qu’on s’est mis à en délibérer, la délibération et le choix qui procède de la délibération étant en notre pouvoir.

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