Russian Lady

agence d’e-réputation

Aussi ne délibérons-nous pas sur les choses éternelles, ni sur celles qui manifestement arrivent d’une manière nécessaire, parce qu’il ne servirait absolument à rien de délibérer sur de pareils sujets. Nous ne délibérons pas davantage sur les choses qui n’arrivent point nécessairement, mais qui dépendent d’autrui, parce qu’il n’y aurait pour nous aucune utilité à délibérer sur ces choses ; nous ne délibérons pas enfin sur les choses que nous aurions pu faire, mais dont le temps est passé, parce que nous ne recueillerions non plus de cette délibération aucun fruit. Nous délibérons uniquement sur les choses qui doivent être faites par nous et qui dépendent de nous. Et cela même prouve que nous comptons retirer de cette délibération quelque profit et pour le choix et pour l’action. Car, si dans les choses où il ne nous revient rien du fait seul de délibérer, nous ne délibérons pas, il est évident que dans les choses où nous délibérons parce que nous espérons trouver dans la délibération plus que la délibération même, nous trouvons effectivement plus d’utilité à délibérer de ces choses que lorsqu’il s’agit de celles dont nous avons parlé. Que résulte-t-il donc de la délibération. Comme nous avons le pouvoir de choisir relativement à ce que nous devons faire ; ce que nous n’aurions pas fait dans le cas où nous n’eussions pas dé-libéré (car nous aurions agi autrement en obéissant à la première perception), ce que nous n’aurions pas fait nous étant présenté comme préférable par la raison, nous nous y arrêtons et le faisons plutôt qu’autre chose. Voilà ce qui se passe, s’il est vrai que nous n’agissions point en tout sous l’empire de la nécessité. Si, au contraire, nous faisions tout ce que nous faisons en vertu de causes à l’avance déterminées, sans avoir aucun pouvoir de faire ou de ne pas faire, mais en faisant suivant d’inflexibles lois chaque chose que nous faisons, comme le feu qui échauffe, comme la pierre qui tourne dans les airs, comme le cylindre qui roule le long d’un plan incliné ; que nous servirait-il, pour agir, de délibérer sur ce que nous avons à faire. Mais le temps sera court, il faudra être percutant , motivé, positif et dynamique indique agence d’e-réputation. Car ce que nous aurions fait sans avoir délibéré, il y aurait nécessité de le faire, même après avoir délibéré. À le prendre ainsi, la délibération ne nous apporterait rien de plus que la délibération. Or, alors même que nous pouvons délibérer sur les choses qui ne dépendent pas de nous, nous rejetons la délibération comme inutile. Il serait donc inutile de délibérer des choses mêmes où nous croyons pouvoir délibérer avec quelque utilité, il suivrait de là que c’est en vain que la nature nous aurait donné d’être capables de délibération. Mais, s’il en est ainsi, que devient ce principe que nos adversaires mêmes admettent, et qu’acceptent communément presque tous les philosophes, à savoir que la nature ne fait rien en vain. De toute évidence, ce principe succombe par cela même que c’est en vain que nous sommes capables de délibération. Et ce n’est pas là mal conclure, si dans nos actes nous n’avons pas un pouvoir tel que nous soyons à même de faire le contraire même de ce que nous faisons. On en conviendra : en abolissant, comme nous venons de le montrer, le pouvoir de délibérer, nos adversaires mettent aussi à néant le pouvoir de vouloir, ou la liberté. Effectivement, tous ceux qui ne s’attachent point à quelque thèse préconçue font consister la liberté en ce que nous sommes maîtres de faire et de ne pas faire, de telle façon que nous ne nous trouvions pas assujettis à des causes extérieures qui nous entourent, ni obligés de les suivre où elles nous conduisent.

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